Bonjour à toustes,
C’est qu’on a parlé de beaucoup de belles choses, à la soirée de Noël 2025 de nos amis de l’Atalante. Outre la collection Neptune et l’arrivée du roman de Tashan Mehta, Eva Sinanian nous a également raconté quelques mots amoureux sur une nouvelle autrice française qui rejoint l’Atalante : Lucie Mosca, avec son roman « Bordure« . Un space opera dans lequel une ancienne soldate cherche à renverser les puissants qui l’ont entraînée dans une véritable boucherie.
Hypé j’étais. Encore plus hypé je fus, lorsque les premières images de cette magnifique couverture nous ont été révélées. Mais, plutôt que de vous parler de mes attentes, parlons donc plutôt d’une question : Ai-je aimé ma lecture ?

📖 Résumé officiel
Après son enrôlement traumatique dans une guerre meurtrière, où elle fut décorée pour son courage, Shylot s’est reconvertie en galeriste d’art avec sa meilleure amie, Kass.
Au cœur de leur planète natale de Concordia, où une vie saine n’est promise qu’aux puissants, leur commerce est une précieuse couverture. Par d’habiles procédés, elles exposent anonymement les machinations gouvernementales et industrielles, sources de mort et de chaos.
À bord de la Nouvelle Chance et aidée par ses camarades d’armes, Ove et Ashange, Shylot s’apprête à récupérer une mine d’informations à même d’incriminer les responsables de la souffrance des plus démunis.
C’est sans compter sur des milices aux intérêts opposés, bien décidées à les en empêcher.
« Lucie Mosca aborde le space opera depuis un angle que je voudrais lire plus souvent : et si l’histoire la plus intéressante n’était pas tant la guerre intersidérale et sa débauche de moyens que les conséquences du spectacle hypertechnologique sur les bidasses aux manettes ? Qu’advient-il de celles et ceux qui en reviennent comme on revient de toutes les guerres : cabossé, traumatisé et dysfonctionnel ? »
Patrick K. Dewdney
😍 Mon avis
💥 Si le résumé ne nous amène pas vers le space opera débridé à la Starship Troopers ou autres blockbusters bien bourrins, il n’oublie pas de nous accrocher dès les premières pages par son rythme tonitruant. Grâce notamment à une jolie scène d’intro en mode gunfight1 digne des plus grands épisodes de nos camarades youtubers de Nexus VI2. Si c’est bien la première référence qui m’est venue en tête, ce n’est pas la seule : Des classiques sauts dans l’hyperespace à la Star Wars, jusqu’aux ansibles d’Ursula Le Guin en passant par le transhumanisme débridé d’un Altered Carbon3 (j’en passe, et surement des meilleures), tout y est. C’est un véritable plaisir !
🤕 Mais les péripéties explosives ne font pas tout : dans Bordure, l’action entraîne des conséquences4. Loin des clichés des super-héros à qui tout réussit, Lucie Mosca imagine des personnages traumatisé.e.s, torturé.e.s5, qui souvent échouent, parfois réussissent, à des prix qui nous paraitront plus d’une fois totalement démesurés. Si ce n’était pas leur guerre6, elle devient part d’elleux-même, et pas pour le meilleur : Comportements destructeurs, troubles psychologiques, mécanismes de dissociation et perte de repères7, une terrifiante illustration du bien trop célèbre stress post-traumatique. Glaçant8.
✊ N’imaginez pas non plus une description clinique, un essai sur la santé de nos bidasses : À l’heure où le monde part vers de bien sombres horizons, Lucie Mosca conte une histoire sur la justice, sur la défense de nos valeurs, sur l’engagement9. Et sur le prix que cela coûte à celleux qui choisissent le chemin de la lutte10. Et, in fine, questionner qui sont les véritables gagnants de tout cela : Les petites gens que nous sommes, ou les puissants qui s’échangent les cartes d’un monde qui ne nous appartient plus11 ?
😍 Loin d’un space opera sans âme, Lucie Mosca nous montre, via son premier roman, que l’on peut allier à la fois le divertissement et la réflexion sur notre monde, comme sur nous-mêmes. Un coup d’essai qui ne s’y limite pas, un roman marquant, par une autrice prometteuse dont je ne manquerai pas de suivre les futures aventures !
🗒️ Notes de bas de page
- « piou piou piou ! » Merde, quand j’essaie d’imiter les fusils laser, on dirait que j’imite des poussins. ↩︎
- Peut-être le fait de se faire appeler « Capitaine » ? ↩︎
- Oui, je sais, j’aurais pu trouver plus fondateur, comme, je sais pas, Neuromancien. Mais je l’ai pas lu. ↩︎
- Comme dirait un certain John un peu énervé. ↩︎
- Parfois au sens propre… âmes sensibles, bah tant pis. ↩︎
- La référence est calculée, mais je la trouvais un peu facile ! N’empêche que ça ressemble parfois à un « first blood », mais dans l’espace. ↩︎
- Oui, comme quand on regarde les infos en continu, ou les réseaux sociaux. ↩︎
- C’est rigolo. Je suis précisément en train de lire du Jean Krug. ↩︎
- Ce que l’on met de soi en gage, littéralement. Donc ce qu’on peut perdre. C’est dommage quand c’est un bout de son pti corps tout mou. ↩︎
- finaaaaleuuuh ✊ ↩︎
- J’ai oublié ce que je voulais dire dans cette note de bas de page. Mais je l’ai laissée. Pour faire chier. ↩︎
